Investissement

New York publie les noms de milliers de propriétaires : jusqu'où va la transparence fiscale ?

Mis à jour le
3 minutes de lecture

À New York, la publication d'une base de données par la municipalité provoque une vive polémique. Il y a quelques jours, le maire démocrate Zohran Mamdani a rendu accessibles sur le site de la ville les noms et adresses de dizaines de milliers de propriétaires immobiliers, dans le cadre de la mise en place d'une nouvelle taxe sur les résidences secondaires, surnommée la « pied-à-terre tax ». Cette liste concerne aussi bien des anonymes que des personnalités : on y retrouverait notamment l'adresse d'une nièce de Donald Trump ou celle du secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, ainsi que plusieurs célébrités comme le réalisateur Woody Allen ou l'ancienne rédactrice en chef de Vogue, Anna Wintour. 

Cette nouvelle taxe cible spécifiquement les biens qui ne constituent pas la résidence principale de leur propriétaire. Elle vise les maisons individuelles d'une valeur d'au moins 5 millions de dollars ainsi que les copropriétés ou coopératives à partir d'un million de dollars d'évaluation, avec des taux pouvant atteindre 6,5 % de la valeur évaluée, en plus de la taxe foncière classique. L'objectif affiché par la municipalité est clair : faire contribuer davantage les très riches propriétaires de résidences secondaires, pour un rendement estimé à environ 500 millions de dollars par an, destinés notamment au financement de services publics. 

Si la mairie justifie cette démarche par un impératif de transparence fiscale, la publication conjointe des noms et des adresses fait l'objet de critiques appuyées, y compris au sein du monde des affaires new-yorkais. Un responsable d'un lobby économique local a dénoncé une erreur et un précédent dangereux, rappelant que la plupart des personnes concernées ne sont pas milliardaires, mais des habitants ayant simplement investi dans un second logement. Certains observateurs pointent également des approximations dans la liste, qui semble inclure des biens ne correspondant pas au profil visé initialement par la réforme. Bourse Inside

Cette affaire illustre, à l'échelle américaine, une tension que l'on retrouve aussi en France autour de la fiscalité des résidences secondaires : jusqu'où peut aller la transparence fiscale sans porter atteinte à la vie privée des propriétaires ? En France, si aucune démarche comparable n'existe à ce jour, la fiscalité des résidences secondaires reste elle aussi un sujet sensible, avec des surtaxes déjà en vigueur dans de nombreuses communes tendues.

 

L'équipe de Laforêt Le Vésinet reste à votre disposition pour vous accompagner et répondre à toutes vos questions sur la fiscalité applicable à une résidence secondaire, que ce soit pour un achat, une vente ou une gestion locative.