Rentrée immobilière : comment amener un vendeur à revoir son prix sans le braquer
Mis à jour le
5 minutes de lecture
Sommaire
À chaque rentrée, le scénario se répète : de nombreux mandats sont signés à un prix que le professionnel sait trop élevé. Ce n'est pas de la complaisance. Le marché de septembre est encombré de biens en vente depuis le printemps, et l'outil que l'on nous a appris à utiliser pour recadrer un prix, la comparaison avec d'autres biens, produit souvent l'effet inverse de celui qu'on espère. À l'agence Laforêt Le Vésinet et Montesson, nous avons choisi de faire autrement. Voici pourquoi, et comment.
La phrase qui fait dérailler le rendez-vous
Le rendez-vous d'estimation commence à peine que le propriétaire lance : « La maison de la rue voisine est affichée à 340 000 €, et la nôtre est mieux placée. »
Ce qu'il ne sait pas, c'est que cette annonce est en ligne depuis des mois, qu'elle a attiré quelques visites et aucune offre. Personne n'a jamais payé ce prix. Pourtant, ce chiffre vient de devenir la référence de toute la discussion, et nous voilà à débattre avec un prix qui n'existe pas.
Le vendeur observe les échecs, pas le marché
Voici le mécanisme à comprendre. Un bien au juste prix se vend vite et disparaît des portails. Un bien trop cher, lui, reste affiché des semaines, parfois des mois. Ce que le propriétaire voit en parcourant les annonces n'est donc pas un portrait fidèle du marché : c'est la vitrine des biens qui n'ont pas trouvé preneur. Les ventes réussies s'effacent, les prix refusés restent à l'écran.
Son raisonnement n'est donc pas déraisonnable. Il s'appuie simplement sur un échantillon déformé.
Les professionnels n'y échappent pas non plus. Une étude célèbre de Northcraft et Neale, menée à la fin des années 1980, a montré que des experts de l'immobilier voient leur propre estimation glisser vers le prix affiché qu'on leur a communiqué à l'avance, même lorsqu'ils pensent ne pas s'y fier. Le chiffre de départ pèse sur tout le monde.
Pourquoi remettre en cause le prix, c'est remettre en cause le propriétaire
La seconde difficulté est d'ordre psychologique. Pour un vendeur, la maison n'est pas un simple placement. Le chercheur Russell Belk parlait dès 1988 de « soi étendu » : nos objets, et plus encore notre logement, deviennent un prolongement de notre identité. Les travaux faits de ses mains, les marques de croissance des enfants sur un mur, les années de vie accumulées entre ces murs.
Quand on brandit un comparable pour justifier une baisse, le propriétaire n'entend pas une donnée, il entend un jugement. Et le psychologue Jack Brehm a montré dès 1966 ce qu'on appelle la réactance : quand on se sent contredit ou contraint, on a tendance à défendre sa position avec plus de force, pas à y renoncer.
Le bon levier n'est donc pas de discuter le prix. Il consiste à changer ce à quoi on le compare.
Notre méthode en quatre étapes
1. Dater le chiffre, sans démentir le vendeur
On ne lui dit jamais qu'il a tort. On lui donne raison sur le chiffre, puis on ajoute l'information manquante : depuis quand ce bien est affiché, et avec quel résultat.
« Cette maison est bien affichée à 340 000 €. Elle l'est depuis mars, avec quelques visites et aucune offre. Ce n'est pas un prix de marché, c'est un avertissement. »
La conclusion, c'est lui qui la tire.
2. Partir du projet, pas de la maison
Une fois le chiffre remis à sa place, on déplace la conversation : non plus sur la maison, mais sur ce que la vente doit permettre, et pour quand.
« Si tout se passe comme vous le souhaitez, où serez-vous au printemps prochain, et avec qui ? »
3. Laisser le propriétaire décrire sa nouvelle vie
Une projection n'a de force que lorsqu'elle vient de la personne elle-même. Le neurologue Antonio Damasio a souligné le rôle des émotions dans nos décisions : on décide rarement sur un tableau de chiffres, mais sur une scène que l'on se représente.
« Cette terrasse dont vous parlez, vous y faites quoi le premier dimanche ? Qui est avec vous ? »
4. Transformer le prix en question de calendrier
On ne parle plus de la valeur de la maison, mais de la compatibilité entre un prix et une échéance de vie.
« À ce niveau de prix, les biens de votre secteur mettent plusieurs mois à se vendre. À celui-ci, quelques semaines. Votre projet tient dans lequel de ces deux calendriers ? »
Le prix juste n'est plus imposé par l'agence : le propriétaire le formule lui-même.
Un exemple pour illustrer
Exemple illustratif, à remplacer par un cas réel de votre agence si vous en avez un.
Imaginons des propriétaires au Vésinet qui souhaitent vendre pour réaliser un projet de vie ailleurs. Ils espèrent un certain prix, et une première estimation, plus généreuse, leur a fait miroiter un chiffre encore plus élevé pour décrocher le mandat. Pourtant, ce prix aurait simplement allongé la liste des biens sans acheteur dans le quartier.
Plutôt que de présenter des comparables pour justifier une baisse, on date les annonces similaires, on constate le temps qu'elles restent en ligne, puis on ramène la discussion à leur objectif : chaque mois d'attente est un mois de retard sur leur projet. Et on pose une seule question :
« Ce prix vous rapproche de votre départ, ou il vous en éloigne ? »
Les propriétaires repartent avec le sentiment d'avoir avancé vers leur projet, pas d'avoir cédé sur leur prix.
Vous avez un projet de vente au Vésinet ou à Montesson ?
Notre équipe Laforêt Le Vésinet et Montesson connaît le marché de chaque quartier et vous propose une estimation gratuite, fondée sur les ventes réellement conclues, pas sur les annonces qui restent en ligne. Prenez rendez-vous avec nous : nous construirons ensemble un prix qui sert votre projet (https://www.laforet.com/agence-immobiliere/levesinet/estimer)